mardi 15 septembre 2015

A Gap, dessinez Florence (la maison) et... écoutez !



Notre association, Instants Croquis, va participer pour la seconde fois aux Journées Européennes du Patrimoine à Gap. Cette année, nous invitons les croqueurs, toutes générations confondues, dans la cour de la Maison Florence (Maison Soubra), invités par les actuels propriétaires, Monsieur et Madame Cordat.
Alors pourquoi Maison Florence, direz-vous ? Philibert Florence, peintre monégasque, fut propriétaire de la maison de 1885 à 1924. C'est sans doute lui qui commanda le décor de la façade néo-gothique si particulière et si originale de cette maison. On suppose même qu'il en dessina les motifs. En tout cas, c'était un excellent dessinateur tels que le prouvent certains de ses dessins retrouvés par les actuels propriétaires ; il était naturel que les croqueurs que nous sommes lui rendent hommage.





Notre projet est conçu comme celui de l'année dernière: "Retrouvez les fontaines de Gap et dessinez leur canon" et "Promenade croquante autour du lac de Charance" (voir précédents articles). Il s'agit de fournir aux participants un "carnet à compléter" (conçu par notre association et édité par la Ville de Gap) dans le même style graphique que ceux édités l'année dernière. Cet "exercice", que l'on voudrait familial, n'a pas de prétention artistique. Il est destiné à faire observer les détails de la façade mais peut-être que, à cette occasion, certains retrouveront le plaisir oublié de dessiner.

(Couverture du carnet distribué)

Nos rendez-vous:
Samedi 19 septembre de 9h à 12h
Dimanche 20 septembre de 14h à 17h

Signalons la présence de Sylvie Damagnez (samedi), qui présentera la "maison Florence" dans le cadre de ses articles sur les "Hautes-Alpes insolites" mais aussi la présence de Jean-Pierre Reybaud (dimanche de 10h à 11h30).

Un des dessins à compléter...



Le dessin original...


Compte-rendu


Un théâtre improvisé


Deux jours durant, ont été données en continu des représentations d'une pièce de théâtre pour le moins insolite.

Le théâtre... la Maison Florence.

Le décor... la façade néo-gothique, de stuc et de staff, de Philibert Florence devenu en la circonstance scénographe d'un théâtre à l'italienne.


Le public... des passants, des curieux d'art et d'histoire, des nostalgiques qui depuis leur enfance passent devant cette maison et, avec l'habitude, ne la voient plus, devenant presque indifférents ; assis devant cette façade qui réveillent en eux des souvenirs enfouis, ils se confient  : "A mon époque, je me souviens..."

Les acteurs... les propriétaires de la maison, pensionnaires du lieu, et des acteurs invités pour la circonstance.


Le spectacle pouvait donc commencer...


  • Acte I Claude raconte avec passion l'histoire de la maison. Elle parle stuc, staff, néo-gothique, néo-renaissance, mascarons, diablotin, ange déchu -au sens propre du terme-, feuilles d'acanthe. Jean-Christian montre des photos anciennes, des morceaux de matière, ersatz de la façade vieillissante. Tous les deux s'interrogent. On les interroge. Du public, jaillissent aussi bien les questions que les avis compétents. On bavarde. Fin du premier acte.


  • Acte II- Entrée sur la scène du théâtre, côté jardin, de Marie-Thérèse ("On m'a toujours appelée Mitou... je ne sais pourquoi") qui se lance dans un long monologue. Mitou est émue. Mitou émeut. Le regard comme pointé vers son passé, la voix vibrante, elle  raconte. Elle raconte l'histoire d'une petite fille que son père avait amenée avec lui pour visiter une maison qu'il convoitait. C'était en 1947. Tous deux sont passés alors par la porte Colombe -une vraie porte à ce moment-là- pour descendre un chemin du côté de la rue des bouchers et aboutir dans la campagne ; une campagne riante avec ses petites maisons et ses jardins inondés de soleil. A peine le portail de la maison convoitée avait été ouvert -portail qui lui paraissait démesurément haut- elle découvrit, stupéfaite, une cour ensoleillée ; au milieu,  un grand cerisier en fleurs. Elle qui dormait dans une "alcôve" -sa chambre- de sa maison sombre de la rue de France découvrait, émerveillée, un monde d'elle insoupçonné. La façade ? elle ne la vit pas. Sans intérêt pour une petite fille espiègle qui, par contre, repéra tout de suite le préau -fermé à présent- dont le mur promettait des parties de jeux de balles sans fin... 

La suite... seules les personnes qui étaient présentes la savent... ou la sauront l'année prochaine.

Le dimanche soir, la cour fut désertée peu à peu, les sièges rangés, les acteurs se retirèrent dans leur appartement. Les croqueurs avaient déjà quitté les lieux, leur carnet à la main.


Seul restait de cette scène improvisée et éclairée par le soleil couchant... le décor de Philibert Florence.